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Dura lex, sed lex.

écrit le 1er novembre 2004 par Marc PAIS

Entre recommandation et obligation, il n’y a peut-être pas si loin de la coupe aux lèvres...



Pour abonder dans le sens de la politique sécuritaire actuelle, la très sérieuse mais néanmoins justement dénommée, « Sécurité Routière », a appelé les automobilistes à rouler de jour avec leurs feux de croisements allumés.

Cela va sans dire rassurons nous, il s’agit d’allumer ces feux hors agglomération, afin à la fois de ne point faire ombrage aux ternes et fragiles piétons, cyclistes et autres rollers foisonnant en milieu urbain, et de permettre à « l’homo-tobilus » (c’est nouveau ça vient de sortir), perdu dans l’immensité du flot magmatique de carrosses fumants rangés en colonnes pare-chocs contre pare-chocs, enivré de vapeurs de combustion, assoupi dans son auto qui n’a bientôt presque plus rien de mobile s’ébrouant spasmodiquement de feux en feux tricolores au milieu d’un concert ininterrompu de klaxons bien que ponctués régulièrement par les sempiternels flashs "point-route" résonnants tels une sentence sans cesse martelée dans l’auto-radio servile par la voix nasillarde du journaliste de terrain en direct du célèbre PC route de Rosny-sous-Bois, de lui permettre disais-je, parmi ce flux de signaux affolant tous ses sens, et notamment à l’approche des fêtes de fin d’année où il eut préféré faire sauter d’autres bouchons, de ne point confondre feux de croisements et guirlandes de Noël, bref, de lui éviter de faire feu de tout bois des fois qu’in fine il en vienne à prendre, sait-on jamais, sa vessie pour une lanterne...

La mesure, qui n’est encore qu’une recommandation, prend effet à dater de ce dimanche 31 octobre pour une durée de cinq mois, le temps que l’administration s’est donné pour dépouiller, analyser et comparer les chiffres funestes enregistrés et formuler au gouvernement « l’impact accidentogène » de celle-ci.

Faisant valoir leur droit à la différence et à une meilleure identification visuelle de la part des autres usagers, droit obtenu avec fierté par leurs congénères au siècle dernier, les motards n’ont pas manqué samedi, l’occasion qui leur était donnée de se mettre en lumière et se placer sous les feux de l’actualité, s’étant rassemblés sous les fenêtres picardes du ministre des transports en exercice, G2R.

Sans pour autant connaître précisément les revendications et les arguments plus ou moins lumineux des uns et des autres, mais en tant que simple motard, je souhaiterai apporter ma modeste chandelle (ou bougie, pour les puristes) à l’autel de ce débat en vous livrant un peu de mon vécu et en vous rappelant un postulat édicté par le Code de la Route.

Il est certain qu’à l’instar des agglomérations, la circulation s’est nettement densifiée sur les routes ces dernières décennies, le phénomène ne semblant pas prêt à marquer le pas. Au point de constater, sur certaines voies particulièrement empruntées en période diurne précisément les jours du seigneur (dont les voies, c’est bien connu, sont elles aussi impénétrables), une évolution sensible de la technique de conduite des motards, et de moi-même donc naturellement, qui consiste à rouler à proximité immédiate de la ligne médiane de la chaussée, de manière soutenue et de façon plutôt ondulatoire, un coup à gauche, un coup à droite de la ligne, sciemment, sous aucune emprise de substance illicite hormis peut-être d’un peu d’adrénaline, ce au gré fluctuant des flux migratoires des véhicules dépassés et croisés, j’allai dire « des obstacles rencontrés », tant ceux, complices, affluents dans notre sens que de ceux, ennemis, venants à contre-courant...

Las, sans doutes, d’êtres retenus quelques interminables secondes derrière un véhicule trop lent, préoccupés par le soucis de ne pas faire monter en nous la sève de l’impatience bien connue d’ailleurs chez « l’homo-tobilus » précité qu’il nous arrive d’être aussi parfois, nous nous surprenons à remonter aisément les files tous feux allumés, jetant parcimonieusement la jambe droite nonchalamment en signe de remerciement sous les yeux incrédules des automobilistes, le tout dans un ballet bien réglé où il nous semble presque planer, survoler cette circulation conditionnée, celle des autres carrosses non inclinables dont l’asservissement processionnaire n’est alors pas des plus enviable... Il faut dire que le rapport poids-puissance de nos machines nous y aide assez docilement ; Un petit filet de gaz, un coup de reins et hop, voilà trois automobiles avalées d’un seul coup...

Bien que l’on puisse regretter malgré tout que tant de gens aient eu la même mauvaise idée que nous à emprunter cet itinéraire ce jour là, je dois avouer, non sans gênes, que l’on y prendrait presque du plaisir...

Evidemment, dans cette vision des choses, du partage de la chaussée à deux vitesses, un peu à l’image actuelle du téléphone où les informations de la voix et de l’A.D.S.L. passent bien dans la même ligne en même temps mais pas en même quantité, il apparaît alors nécessaire que l’électron rapide puisse se distinguer de ses frères les atomes lents, par un artifice leur signalant de son passage furtif imminent... A l’époque du pot d’échappement aseptisé, homologué et « sodo-maîtrisé » (pardon pour les âmes sensibles), allumer ses feux de croisements reste alors le privilège du motard, sa seule sécurité passive à l’égard des automobilistes. Sachant que pour lui en cas d’impact, son casque est là son seul pare-chocs, cela paraît bien la moindre des mesures qu’il eut fallu adopter...

Oui mais voilà, aussi loin que mes neurones puissent sonder le puit de ma mémoire et me remonter les leçons du Code de la Route enfouies au plus profond, après tant et tant d’années de pratique et de lente dérive du droit chemin (amen), il me semble me souvenir qu’il est attribué à chaque usagé de la route, qu’il soit sur mu par deux ou quatre roues motorisées, la même portion de voie et qu’il soit tenu au respect des mêmes procédures de dépassement (je vous fais cadeau des détails)...

Et si, par le plus curieux des hasards (suivez mon regard), la maréchaussée des temps nouveaux décidait de ne plus fermer les yeux, de ne plus tolérer nos dérives de ballerines et d’appliquer la règle stricto-sensu en remettant à l’index l’article en question, qu’en adviendrait-il de nous (pauvres pêcheurs) ? Ainsi maintenu dans le carcan de la réglementation et dans le flot de ses pairs, le motard, redevenu simple « homo-tocycliste » (ben oui) ne serait donc plus enclin à se distinguer des autres usagers et à revendiquer sa différence... Alors l’idée lumineuse des feux pour tous prendrait sa pleine puissance et s’imposerait à nous...

Nos beaux rubans d’asphaltes qui nous permettent chaque dimanche de découvrir un joli coin de France ressembleront-ils demain à une guirlande électrique éclairée jour et nuit faisant fi des aspirations environnementales annoncées et dont devront s’accommoder bon gré, mal gré, l’iris de nos stoïques vaches cocardières, et quel nouvel artifice brillant devrons nous apporter sur le temple de la sécurité lorsque les pare-brises et les écrans se seront avec les années légèrement fumés pour atténuer notre fatigue visuelle et répondre à des critères d’ergonomie et de confort.

Dura lex, sed lex.

L’ami Marco. (qu’a pris sa plume pour écrire un mot).




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