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Miraculés

écrit le 19 février 2004 par Philippe GRIMAUD

Soustitre Miraculés
Descriptif de Miraculés
Chapeau de Miraculés

En ces temps de "protectionite aigue" et de "big brotherisation" Je vous propose un petit flash-back ....

Message personnel à tous ceux nés avant le 3ème millénaire. L’enfance des années 50, 60, 70. !

En regardant en arrière, c’est dur de croire qu’on ait réussi à survivre si longtemps. Lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en voiture sans ceinture de sécurité ou d’airbags pour nous protéger. Nos chambres étaient peintes de couleurs vibrantes au plomb et nos maisons étaient isolées à l’amiante. Il n’ y avait pas de couvercle de sécurité sur les bouteilles de médicaments et de produits toxiques ni de serrures sécuritaires sur les armoires. Et lorsque nous partions faire un tour de vélo, on le faisait sans casque ! On allait seul en ville chercher le pain, le lait dans un broc en aluminium à peine fermé. On buvait même de l’eau directement des tuyaux d’arrosage. Quelle horreur ! On se faisait des petites voitures (caisse à savon) avec des vieux patins à roulettes et des planches en bois pleines d’échardes et on se laissait aller dans les descentes, sur le trottoir bordant la Nationale, pour s’apercevoir trop tard qu’on avait oublié de mettre des freins. Après être rentrés dans les buissons ou les clôtures à quelques reprises, on solutionnait le problème. On quittait seul la maison tôt le matin pour aller à pied à l’école et on revenait souvent au moment où les lampadaires de la rue s’allumaient. Imaginez donc, pas de téléphones portables, personne ne pouvait nous joindre de la journée. On mangeait des gâteaux secs, du pain et du beurre et nous n’étions pas obèses....il faut dire que nous jouions presque toujours à l’extérieur. On buvait souvent à quatre ou cinq dans la même bouteille et il n’ y a jamais eu de décès à cause de çà. On jouait à des jeux dangereux et souvent, on se faisait mal. On grimpait dans les arbres, on enjambait les murs des voisins. Parfois, il y avait des chutes, avec des coupures et des os cassés, mais personne n’était blâmé. C’était l’apprentissage de la vie. Parfois, on se battait entre nous, on avait des bleus, mais on apprenait à passer par-dessus. On n’avait pas de Nintendo 64, de Playstation 2 ou de X Box, sans compter les jeux vidéo ou même les 99 canaux de la télévision, les magnétoscopes, les ordinateurs personnels, etc. etc... Mais nous avions des amis et si nous voulions les voir, tout ce qu’on avait à faire, c’était de sortir et se rendre chez eux, sonner et entrer pour pouvoir leur parler... Imaginez ça, sans même demander la permission à nos parents ! Comment faisait-on tout ça, sans gardiens, dans ce monde cruel ? On inventait des jeux, avec des bâtons et des balles de tennis, on mangeait toutes sortes de choses, mais contrairement à ce qu’on nous disait, rarement quelqu’un perdait un oeil ou était infecté d’un virus. Certains écoliers n’étaient pas aussi futés que les autres. Parfois, ils manquaient leur année et devaient redoubler. Les classes et les examens n’étaient pas encore ajustés pour compenser ces différences, quelle qu’en soit la raison. Nos actions étaient les nôtres. Nous en supportions personnellement les conséquences. Personne pour nous cacher. L’idée de se faire protéger par nos parents si nous commettions une infraction était impensable. D’ailleurs, nos parents étaient du côté de l’autorité..., c’est t’ y pas effrayant ? Mais cette génération a produit les meilleurs preneurs de risque, solutionneurs et inventeurs. Les dernières 50 années ont été une explosion d’innovations et d’idées nouvelles. On avait la liberté, la responsabilité de nos succès, ainsi que celle de nos défaites. Le plus important, c’est qu’on a appris à vivre avec tout çà..

Félicitations, car tu es de ceux là.

Nous avons eut la chance de grandir avant que les avocats et les gouvernements se mettent à réglementer nos vies... pour notre bien

Alors ? qui en était ? En tout cas, ma caisse à savon était bien la plus rapide ! ,o))

Philippe Angoulême



P.S : C’est du P. GRIMAUD
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